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L’hydrogène, la nouvelle énergie à la mode

By Sébastien Taraud  21 mai 2021

L’hydrogène semble disposer de nombreux attributs pour devenir une énergie phare dans les années à venir. La « Loi Climat » adoptée par l’Assemblée Nationale début mai, prévoit d’ailleurs de développer cette filière. La technologie est séduisante, elle fonctionne mais il reste cependant de nombreux freins à lever sur le plan de sa production. Focus sur la source d’énergie dont tout le monde parle.

La stratégie hydrogène française

Défiée par l’Allemagne et son plan hydrogène à 9 milliards d’euros, la France a dévoilé en septembre 2020 une “Stratégie nationale pour le développement de l’hydrogène décarboné en France”. Le pays compte lui consacrer 7 milliards d’euros d’ici à 2030, pour passer à l’échelle industrielle la fabrication des composants, électrolyseurs, réservoirs et piles à combustible, indispensables à la production d’hydrogène à partir de l’eau et ainsi enclencher une révolution énergétique. Le pays veut aussi installer 6,5 GW de capacités de production d’hydrogène à partir d’énergies renouvelables ou nucléaire. Ces 7,2 milliards d’euros seront investis d’ici 2030 selon trois priorités :

• La décarbonations de l’industrie pour contribuer à atteindre la neutralité carbone en 2050

• Le développement des mobilités lourdes à l’hydrogène

• Le soutient d’une filière d’excellence avec le développement d’offres de formation, notamment du point de vue de la sécurité.

 

Différents secteurs d’activité dans les starting blocks pour développer l’hydrogène

De nombreux grands groupes ou start-up prometteuses sont actifs dans le secteur de l’hydrogène. Parmi les entreprises françaises en pointe, Air Liquide, le géant mondial des gaz pour l’industrie, a annoncé en janvier dernier le démarrage du plus gros centre de production d’hydrogène vert au monde, situé au Canada.

Chez Engie, le groupe français vise quelques gigawatts de capacités de production par électrolyse en 2030. Dans l’immédiat, il travaille sur une trentaine de projets liés au sujet de l’hydrogène. EDF et Total sont également dans la course. L’électricien a créé l’an dernier une filiale dédiée à l’industrie et à la mobilité, Hynamics, et il a pris une participation de 22 % dans l’entreprise française McPhy, concepteur, fabricant et intégrateur d’équipements hydrogène.

Le pétrolier, de son côté, déploie des stations de recharge pour les véhicules en Allemagne au travers du consortium H2 Mobility, dont il est membre. Il vient d’ouvrir sa première station hydrogène en France, au Mans.

L’industrie automobile n’est pas en reste et mise elle aussi sur cette technologie. Devancés par les pionniers Toyota et Hyundai avec leurs Mirai et Nexo, les constructeurs français Renault et PSA ont commencé plus récemment à investir dans l’hydrogène. D’autres sociétés se positionnent même sur le marché de l’automobile haut de gamme, comme la startup française HOPIUM.

Côté ferroviaire, douze TER à hydrogène circuleront dans quatre régions de l’Hexagone à partir de 2023. La SNCF a officialisé, jeudi 8 avril, auprès du constructeur ferroviaire Alstom, la première commande française de trains à hydrogène pour le compte de quatre régions : Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est et Occitanie.

De la recherche et des efforts restent à accomplir

Même si l’hydrogène est souvent présenté comme une solution miracle pour faire voler des avions, rouler des trains et des voitures qui ne rejettent plus que de l’eau, il faut quand même préciser que seulement 5% de l’hydrogène dans le monde est produit à partir d’électricité renouvelable. Le reste est fabriqué à partir de sources d’énergies fossiles (gaz naturel, pétrole) et de bois. Pour parvenir aux objectifs de décarbonation de la production d’énergie fixés par la « loi Climat » adoptée à l’Assemblée Nationale, en utilisant entre autre la solution « hydrogène vert » qui pour l’instant est une solution de niche, il va falloir investir dans la recherche et à la fois dans la montée en puissance des solutions alternatives permettant de produire l’électricité, comme les panneaux solaires, les barrages hydrauliques et leur entretien, le développement éolien. C’est ce que fait par exemple la startup malouine Energy Observer qui sensibilise sur le sujet de l’hydrogène vert au travers notamment, d’une action d’envergure qui aura lieu ce mardi 25 mai 2021 et qui consiste à fournir l’énergie pour l’éclairage nocturne de la Tour Eiffel.

En matière de formation professionnelle liée à la prise en compte de la sécurité et du risque ATEX des sites travaillant au contact de l’énergie hydrogène, il faudra aussi “passer la seconde” et se faire accompagner par des organismes de formation comme le nôtre.

C’est de cette manière que l’hydrogène deviendra peut-être l’énergie indispensable actrice de la transition énergétique.

 

Sources :

La sécurité des véhicules à hydrogène – H2Mobile

• Le projet Hopium Machina d’Olivier Lombard carbure à l’hydrogène – La Montagne, 17 avril 2021

• Énergie verte : Des microalgues pourraient bientôt produire de l’hydrogène à l’échelle industrielle – 20 Minutes, 19 mai 2021

Ces Malouins qui veulent illuminer la Tour Eiffel grâce à l’hydrogène – Le Télégramme, 20 mai 2021