Études de cas

Maintenance nettoyage et transfert de solvants : prévenir les risques d’incendie et d’explosion

Le 21 septembre 2026, un accident survenu dans l’usine Pharmasynthèse, à Saint-Pierre-lès-Elbeuf, en Seine-Maritime, a grièvement blessé un salarié. Selon les déclarations du directeur du site rapportées par l’AFP, un incendie aurait provoqué l’éclatement d’un conteneur et des projections de solvant en flammes. L’établissement, classé Seveso seuil bas, a été évacué.

Une enquête pour blessures involontaires a été annoncée par le parquet de Rouen. Les informations consultées ne permettent pas d’établir le mécanisme précis de l’accident, ni de le qualifier d’explosion d’une atmosphère explosive. Sans préjuger des conclusions de cette enquête, cet événement invite à examiner un sujet essentiel pour les entreprises qui utilisent des produits inflammables : la préparation des interventions sur leurs installations. Maintenance, nettoyage, vidange ou transfert de solvants méritent une attention adaptée à leurs conditions réelles d’exécution.

Une intervention courante peut modifier les conditions de sécurité

Dans un atelier, certaines opérations sont familières. On connaît l’équipement, le geste a déjà été réalisé, l’intervention semble courte. Cette expérience est précieuse. Elle doit néanmoins s’accompagner d’une vérification de la situation du jour.

L’INRS rappelle que les conditions d’une installation en maintenance peuvent différer de celles de son fonctionnement normal. Une intervention peut se dérouler dans une zone ATEX, à proximité, ou en générer une temporairement. Elle nécessite donc une analyse spécifique, y compris lorsqu’elle est récurrente.

Pour les équipes, cela conduit à une question simple : qu’est-ce qui change entre l’installation en production et l’installation sur laquelle nous allons intervenir ? Cette question mérite d’être posée avant de commencer, avec les personnes qui connaissent le procédé et celles qui vont réaliser le travail.

Solvants et explosion comprendre le phénomène avant de choisir les protections

Une explosion d’ATEX résulte de l’inflammation d’un mélange d’air et de substances combustibles, par exemple des vapeurs de solvants, dans des proportions permettant son explosion. D’autres mécanismes, notamment liés à des substances chimiquement instables, relèvent d’une analyse différente.

La présence d’un solvant ne suffit donc pas à expliquer un accident. Il faut connaître les produits, leurs caractéristiques et les conditions dans lesquelles ils sont utilisés. Cette distinction a une conséquence pratique : les protections doivent répondre aux phénomènes identifiés. Avant de choisir un équipement ou de modifier une consigne, il faut savoir quel scénario on cherche à prévenir.

Préparer le travail à partir de la situation réelle

Pour structurer cette préparation, A2SE Conseil propose de partir de questions concrètes : quels produits sont présents ? Dans quel état se trouve l’installation ? Quelles protections resteront disponibles pendant l’intervention ? Qui autorise le démarrage et qui sera informé d’un changement ?

L’évaluation doit prendre en compte les caractéristiques des produits, les conditions du procédé et les dysfonctionnements envisageables. Lorsqu’un risque ATEX existe, la démarche consiste d’abord à éviter la formation de l’atmosphère explosive, puis à empêcher son inflammation et à limiter les conséquences d’une éventuelle explosion L’enjeu est de traduire cette analyse en décisions compréhensibles sur le terrain. Une équipe doit pouvoir expliquer pourquoi l’intervention peut commencer, quelles conditions doivent être maintenues et à quel moment elle doit être interrompue.

Donner aux documents de prévention une utilité sur le terrain

L’analyse spécifique d’une opération peut s’appuyer sur un bon d’intervention, un permis de feu pour les travaux par point chaud ou les documents de coordination adaptés à l’intervention d’une entreprise extérieure. L’INRS souligne que certaines opérations nécessitent aussi un zonage particulier. Ces documents prennent leur sens lorsqu’ils permettent aux intervenants de partager la même compréhension du travail. L’objectif est que chacun sache ce qui a été vérifié, ce qui reste à surveiller et à qui s’adresser en cas d’écart.

Un changement de produit, d’outil ou de méthode doit ainsi susciter une nouvelle vérification de l’adéquation des mesures prévues. La préparation gagne à réserver une place à cette possibilité, plutôt qu’à supposer que tout se déroulera exactement comme annoncé.

Former pour comprendre les protections et savoir quand s’arrêter

En maintenance ATEX, la compétence porte aussi sur les modes de protection des appareils. L’INRS recommande une formation adaptée aux personnes qui interviennent sur ces équipements, afin qu’elles comprennent comment préserver ces protections pendant l’entretien et la maintenance.

La formation peut alors s’appuyer sur les situations rencontrées dans l’entreprise : préparer une intervention, examiner une consigne, reconnaître une information manquante ou expliquer les raisons d’un arrêt. Elle donne aux équipes des repères communs pour prendre des décisions au bon moment.

Chez A2SE Conseil, l’accompagnement en prévention des risques industriels et les formations ATEX permettent de travailler cette articulation entre analyse, organisation et pratiques de terrain. Vous souhaitez examiner la préparation de vos interventions ou les besoins de formation de vos équipes ? Échangeons sur vos installations et vos situations de travail.