Hydrogène : un gaz à très haut potentiel ATEX
Sur le plan réglementaire, l’hydrogène est classé comme un gaz extrêmement inflammable, capable de former très facilement une atmosphère explosive en présence d’air. À ce titre, il relève pleinement du champ d’application de la réglementation ATEX dès lors qu’il est produit, stocké, transporté ou utilisé sur un site industriel.
Ses caractéristiques physico-chimiques renforcent considérablement le niveau d’exigence attendu :
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Limites d’explosivité très larges (environ 4 % à 75 % vol. dans l’air),
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Énergie minimale d’inflammation extrêmement faible, bien inférieure à celle de nombreux autres gaz industriels,
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Diffusion très rapide, avec accumulation possible sous plafond,
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Flamme peu visible, rendant la détection d’un incendie difficile.
👉 Conséquence directe : une approche ATEX classique, non adaptée aux spécificités de l’hydrogène, est insuffisante.
Un appui technique direct à la conformité réglementaire ATEX
Le document publié par l’Ineris ne remplace pas les textes réglementaires, mais il fournit une base technique solidepour répondre aux exigences issues notamment de :
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la directive 1999/92/CE (ATEX “utilisateurs”), transposée aux articles R.4227-42 à R.4227-54 du Code du travail,
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la directive 2014/34/UE (ATEX “équipements”),
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la réglementation ICPE, lorsque les installations hydrogène y sont soumises.
Il permet surtout de donner du fond technique aux démarches réglementaires souvent perçues comme purement documentaires.
1. Identifier correctement les situations de formation d’ATEX hydrogène
L’un des apports majeurs du document Ineris est la caractérisation précise des scénarios de formation d’atmosphères explosives :
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fuites accidentelles ou diffuses,
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purges et mises à l’air,
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phases transitoires (démarrage, arrêt, maintenance),
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défauts de confinement ou de ventilation.
Ces éléments sont essentiels pour réaliser une analyse de risque ATEX crédible, première étape obligatoire de toute démarche réglementaire.
2. Classement des zones ATEX : éviter le surclassement par défaut
Faute de données techniques, de nombreux projets hydrogène aboutissent à des zonages ATEX excessivement conservatifs, avec des conséquences lourdes : surcoûts, contraintes d’exploitation, complexité de maintenance.
Le document de référence de l’Ineris permet de :
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raisonner le classement des zones ATEX (0, 1, 2) de manière argumentée,
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intégrer le comportement spécifique de l’hydrogène (gaz léger, dispersion rapide),
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justifier techniquement les hypothèses de zonage retenues.
👉 Résultat : un zonage robuste, cohérent et défendable lors d’un audit, d’une inspection ou d’un contrôle réglementaire.
3. Adéquation du matériel ATEX : un point critique souvent mal maîtrisé
Une fois le zonage défini, la conformité ATEX repose sur l’adéquation du matériel installé :
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catégorie d’équipement,
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groupe de gaz IIC, spécifique à l’hydrogène,
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classe de température compatible,
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modes de protection adaptés (Ex d, Ex e, Ex p, etc.).
Le document Ineris rappelle que la conformité ATEX ne se limite pas au marquage CE : elle repose sur une cohérence globale entre le risque identifié, le zonage et les équipements choisis, qu’ils soient électriques ou non électriques.
4. DRPCE : renforcer le contenu technique du document
Le Document Relatif à la Protection Contre les Explosions (DRPCE) est une obligation réglementaire centrale. Pourtant, il reste souvent trop descriptif et insuffisamment étayé sur le plan technique.
Les apports du document Ineris permettent de :
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consolider l’évaluation du risque explosion spécifique à l’hydrogène,
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justifier les mesures techniques (ventilation, détection, inertage),
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structurer les mesures organisationnelles (maintenance, consignation, gestion des interventions).
Un DRPCE fondé sur des références techniques reconnues est beaucoup plus robuste face aux inspections du travail, à la DREAL ou aux audits internes.
Un enjeu stratégique au-delà de la conformité
La maîtrise du risque ATEX hydrogène ne relève pas uniquement du respect réglementaire. Elle conditionne :
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la sécurité des travailleurs et des intervenants extérieurs,
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la pérennité des installations,
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l’acceptabilité des projets par les autorités et les riverains,
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la crédibilité globale de la filière hydrogène.
Conclusion : l’ATEX, clé de voûte du déploiement de l’hydrogène
Le développement de l’hydrogène industriel impose une exigence élevée en matière de prévention du risque ATEX. Le document de référence publié par l’Ineris constitue aujourd’hui un socle technique indispensable pour construire des démarches de conformité solides, cohérentes et durables.
👉 Pour les exploitants, bureaux d’études et responsables QHSE, l’enjeu n’est plus seulement de répondre aux obligations réglementaires, mais bien de démontrer une compréhension fine et documentée du risque hydrogène.
Chez A2SE Conseil
Nous accompagnons les industriels dans :
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l’analyse du risque ATEX hydrogène,
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le zonage ATEX,
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la rédaction et l’analyse de DRPCE,
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l’adéquation du matériel,
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la formation des acteurs clés.
Sécuriser vos projets hydrogène, c’est avant tout sécuriser votre conformité ATEX. Parlez-nous de vos projets et besoins de formation et/ou de Conseil en cliquant ici.
Source de l’article : Site web de l’INERIS
Article rédigé le 03.02.26 par
Sébastien Taraud