Sensibilisation

Zones ATEX : 87 événements depuis 2016 et 5 leçons opérationnelles pour éviter le prochain

Les atmosphères explosives (ATEX) restent une cause majeure d’incendies et d’explosions en milieu industriel et agricole. La base de données ARIA (BARPI) recense d’ailleurs depuis l’année 2016, 87 événements en relation avec des zones ATEX dans des ICPE. Les phénomènes dangereux se traduisent par un incendie dans 70 % des événements, et une explosion dans 60 % des cas (un même événement pouvant cumuler plusieurs phénomènes).

À partir de cette accidentologie et fort de sa base de données ARIA, le BARPI a publié au mois de décembre dernier, un document nommé le « Flash ARIA » qui propose des recommandations directement issues des retours d’expériences de la base pour identifier et prévenir le risque ATEX.

Nous faisons le point pour vous sur ce document riche d’enseignements, grâce à ce nouvel article de blog.

Ce que l’accidentologie ARIA dit du risque ATEX (et pourquoi c’est important)

1) Les secteurs les plus concernés, ne sont pas “que” la chimie

L’analyse met en avant des secteurs récurrents : l’industrie chimique bien entendu (20 événements, principalement liés aux vapeurs inflammables), mais aussi l’industrie du bois (12 événements, liés aux poussières en suspension) et encore bien d’autres secteurs d’activités.

Message clé : l’ATEX n’est pas un risque “spécialiste” réservé à quelques sites Seveso. Il concerne très concrètement des ateliers, zones de stockage, manutentions, transferts, dépoussiérages, etc.

2) Les sources d’inflammation “classiques” restent dominantes

Les causes les plus souvent identifiées sont :

Ce binôme est particulièrement instructif : il combine une phase à risque élevé (maintenance/intervention) et un risque insidieux (charges électrostatiques), souvent sous-estimé ou mal maîtrisé en exploitation.


L’objet du Flash ARIA : 5 familles de recommandations pour prévenir le risque ATEX

Le Flash structure le retour d’expérience en cinq axes très opérationnels.

Axe 1 — Analyse de risque et zonage ATEX : le socle, à condition qu’il soit “vrai”

Le Flash insiste sur la nécessité de :

Remarque A2SE Conseil : beaucoup d’organisations possèdent un zonage “sur le papier”, mais l’écart se crée au fil du temps : modifications, dérives d’usage, consignes partielles, signalisation dégradée, zones “contournées” en maintenance. C’est typiquement là que l’accident se prépare.


Axe 2 — Prévenir la formation d’ATEX : réduire le combustible et maîtriser les concentrations

Le Flash rappelle des priorités concrètes :

À retenir : une démarche ATEX robuste ne se limite pas à “choisir du matériel ATEX”. Elle commence en amont, par la formation des équipes au risque ATEX et/ou à la mise en place d’audit et/ou de prestation de Conseil au sein de l’entreprise.


Axe 3 — Maîtriser l’inflammation : conformité du matériel, inspections et prévention des ignitions

Le Flash recommande notamment :

Point de vigilance souvent observé : l’erreur fréquente n’est pas seulement “un matériel non ATEX”, mais un matériel ATEX mal sélectionné au regard du zonage, ou dégradé (maintenance, modifications, pièces remplacées, etc.).


Axe 4 — Atténuer les effets : penser propagation, compartimentage et protections

Le Flash attire l’attention sur :

Traduction opérationnelle : même avec de bonnes mesures de prévention, il faut traiter le “dernier étage” : limiter les effets si l’événement survient (surtout dans les installations poussières : bois, agro, pulvérulents).


Axe 5 — Travaux par point chaud : la phase critique à sécuriser systématiquement

Le Flash rappelle que les travaux par point chaud font l’objet de recommandations spécifiques et exigeantes, dont :

Message fort : la maintenance est un moment où l’on “déplace” le risque (co-activité, balisage, zones temporaires, consignes), et c’est précisément là que l’accidentologie ARIA est la plus instructive.


En conclusion : le vrai enjeu n’est pas de “cocher l’ATEX”, mais de piloter les écarts

L’accidentologie ARIA montre que les sinistres ATEX surviennent souvent quand :

Nous retrouvons exactement ces points en audit : la performance ATEX se joue dans la maîtrise des écarts (techniques, organisationnels, humains) et pas uniquement dans la conformité documentaire. N’hésitez pas à nous solliciter pour toute demande d’informations complémentaires, d’audit et/ou de prestation de conseil : nous sommes à vos côtés.


Sources