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Dernière mise à jour de la norme IEC 60079-10-1 : quelles conséquences pour le zonage ATEX des gaz et vapeurs inflammables ?

La publication des nouvelles évolutions de la norme IEC 60079-10-1, consacrée au classement des emplacements où peuvent apparaître des atmosphères explosives gazeuses, s’inscrit dans une logique claire : rendre les études de zonage plus représentatives de la réalité physique des installations. L’objectif n’est ni de rendre les exigences plus sévères, ni de les assouplir, mais de s’appuyer davantage sur les connaissances scientifiques et les retours d’expérience pour améliorer la pertinence des analyses.

Le zonage ATEX constitue l’une des pierres angulaires de la prévention des risques d’explosion dans les installations industrielles mettant en œuvre des gaz ou des vapeurs inflammables. De sa qualité dépend notamment le choix des équipements, l’organisation de la maintenance et, plus largement, le niveau de sécurité de l’installation.

La publication des nouvelles évolutions de la norme IEC 60079-10-1, consacrée au classement des emplacements où peuvent apparaître des atmosphères explosives gazeuses, s’inscrit dans une logique claire : rendre les études de zonage plus représentatives de la réalité physique des installations. L’objectif n’est ni de rendre les exigences plus sévères, ni de les assouplir, mais de s’appuyer davantage sur les connaissances scientifiques et les retours d’expérience pour améliorer la pertinence des analyses.

Après avoir récemment consacré un article aux évolutions de la norme IEC 60079-10-2 concernant les poussières combustibles, intéressons-nous cette fois aux principales nouveautés applicables aux gaz et vapeurs inflammables.

Pourquoi la norme IEC 60079-10-1 a-t-elle évolué ?

Pendant de nombreuses années, les études de zonage se sont appuyées sur des modèles de calcul qui, bien qu’efficaces, reposaient parfois sur des hypothèses simplificatrices. Dans certaines situations, ces approches pouvaient conduire à des zones ATEX plus étendues que nécessaire ou, au contraire, ne pas représenter parfaitement le comportement réel d’une fuite de gaz.

La révision de la norme poursuit un objectif simple : améliorer la précision des évaluations grâce à des modèles fondés sur des données expérimentales et sur les progrès réalisés en mécanique des fluides. Autrement dit, le zonage ne cherche plus uniquement à intégrer une marge de sécurité importante. Il tend désormais à représenter avec davantage de fidélité la dispersion effective des gaz inflammables dans leur environnement.


Un zonage plus juste, sans être plus contraignant

En matière d’ATEX, il existe une idée largement répandue : plus une zone est grande, plus l’installation est sûre.

La réalité est plus nuancée.

Un zonage excessivement conservateur peut conduire à installer des équipements certifiés ATEX dans des secteurs où le risque réel est très faible. À l’inverse, un zonage insuffisant peut laisser subsister des situations dangereuses. La philosophie de la nouvelle norme consiste précisément à rechercher un équilibre entre ces deux extrêmes. L’objectif est de dimensionner les zones au plus près du comportement réel des gaz, afin que les mesures de prévention soient proportionnées aux risques effectivement présents sur l’installation.

Pour les exploitants, cette évolution représente une meilleure adéquation entre sécurité, exigences réglementaires et contraintes économiques.


Les installations alimentées en gaz combustible sont davantage prises en compte

Parmi les évolutions les plus marquantes figure l’élargissement du domaine d’application de la norme. Certaines installations alimentées uniquement par des gaz combustibles à basse pression étaient auparavant souvent considérées comme exclues des études de zonage.

La nouvelle approche est différente.

Dès lors qu’un risque de fuite existe, une analyse du risque ATEX devient pertinente, indépendamment du fait qu’il s’agisse d’un réseau de gaz de chauffage ou d’une autre application industrielle. Cette évolution concerne notamment de nombreuses installations utilisant le gaz naturel dans leurs procédés : chaufferies industrielles, fours, réseaux d’alimentation ou équipements de combustion.

Elle rappelle qu’un gaz combustible reste un gaz combustible, quelle que soit sa pression d’utilisation.


Les modèles de dispersion gagnent en précision

L’une des principales évolutions techniques de la norme concerne les méthodes utilisées pour estimer la dispersion d’un gaz après une fuite. Les équations de calcul ont été revues afin d’intégrer les connaissances scientifiques les plus récentes relatives au comportement des gaz inflammables et à leur dilution dans l’air. La norme introduit également de nouveaux outils graphiques destinés à mieux apprécier le volume de dilution selon les caractéristiques du dégagement.

Pour les exploitants, cette évolution est importante car elle permet de mieux représenter les situations réellement observées sur le terrain, plutôt que de s’appuyer sur des hypothèses parfois trop simplifiées.


La disparition du facteur « k » marque un changement de philosophie

Les spécialistes du zonage connaissent bien le facteur de sécurité k, utilisé dans les précédentes approches pour majorer certains calculs liés à la ventilation.

La nouvelle norme abandonne ce coefficient générique.

L’évaluation repose désormais davantage sur des critères physiques directement liés au comportement du gaz qu’à l’application d’une marge forfaitaire identique à toutes les situations. Cette évolution illustre parfaitement l’esprit de la nouvelle édition : privilégier l’analyse scientifique plutôt que l’application systématique de coefficients généraux.


La notion de « zone d’étendue négligeable » est clarifiée

Autre évolution intéressante : la formalisation plus précise de la notion de zone d’étendue négligeable (NE – Negligible Extent). Dans certaines configurations, une fuite potentielle peut produire un nuage inflammable d’une taille si réduite que ses conséquences demeurent négligeables. Lorsque cette situation est démontrée par l’analyse, la norme prévoit qu’il n’est pas nécessaire de classer systématiquement cette zone en Zone 2.

Il ne s’agit évidemment pas de supprimer des zones ATEX pour simplifier les installations, mais de mieux adapter le classement au niveau de risque réellement observé.


Faut-il revoir les études de zonage existantes ?

La publication d’une nouvelle édition de la norme ne signifie pas que toutes les études réalisées précédemment deviennent obsolètes. En revanche, elle constitue une excellente occasion de vérifier que les hypothèses retenues lors de l’étude sont toujours pertinentes.

Cette réflexion mérite d’être engagée notamment lorsque :

Une étude de zonage n’est jamais un document figé. Elle doit évoluer au même rythme que l’installation industrielle qu’elle décrit.


Une évolution qui confirme une tendance de fond

Quelques semaines après la publication de la nouvelle IEC 60079-10-2 consacrée aux poussières combustibles, cette évolution de l’IEC 60079-10-1 confirme une orientation commune de la série IEC 60079.

L’objectif n’est pas de multiplier les contraintes réglementaires. Il est plutôt de rapprocher les études de zonage des conditions réelles d’exploitation en s’appuyant sur des modèles plus précis, des données expérimentales et une meilleure compréhension des phénomènes physiques.

Pour les industriels, cette évolution constitue une opportunité de s’assurer que leurs études de zonage reflètent toujours fidèlement leurs installations et les risques réellement présents.

Chez A2SE Conseil, nous accompagnons depuis plus de vingt ans les industriels dans la réalisation de leurs études de zonage ATEX, de leurs DRPCE, de leurs audits et de leurs démarches de prévention des risques d’explosion. Parce qu’un zonage efficace n’est pas seulement conforme à une norme : il doit avant tout être représentatif de la réalité du terrain.

 

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